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Friday, October 19, 2007

LE DEVELOPPEMENT DU GABON

DEVELOPPEMENT-GABON :La polémique enfle sur le projet du fer de Bélinga Nadine Stella LIBREVILLE, 17 oct (IPS) - Le lancement des travaux d'un gigantesque projet d'exploitation du minerai de fer de Bélinga, dans le nord-est du Gabon, est prévu vers la fin de cette année, tandis que l'expédition des premières cargaisons du fer extrait vers la Chine -- l'unique client -- est programmée pour 2011. Selon des analystes, c'est un projet phare de développement pour le Gabon de l'après pétrole, avec ''1.600 milliards de francs CFA (environ 3,5 milliards de dollars) d'investissement'' prévu pour construire 560 kilomètres de chemin de fer et un port en eau profonde, et plus de 30.000 emplois en perspective, selon le ministère gabonais des Mines, Richard Auguste Onouviet. Le projet Bélinga vise à extraire un milliard de tonnes de réserves de fer d'une teneur d'environ 60 pour cent pendant des décennies dans cette localité gabonaise, ajoute le ministre. Le projet sera financé et exécuté par des entreprises chinoises, le Gabon ayant signé un contrat exclusif avec la Chine. Cependant, l'ampleur des dégâts environnementaux, que pourrait provoquer la mise en œuvre du projet, suscite une vive polémique depuis le mois dernier dans ce pays d'Afrique centrale producteur de pétrole également. Des organisations non gouvernementales (ONG) de défense de l'environnement dénoncent les dégâts considérables que provoquerait la réalisation d'un barrage hydroélectrique dans la forêt gabonaise, notamment dans le Parc national de l'Ivindo. Le barrage est prévu sur les chutes de Kongou, sur le fleuve Ivindo, pour ravitailler en énergie le projet Bélinga. Les ONG s'opposent en particulier au choix des chutes de Kongou pour le barrage. Pour Marc Ona, président de l'ONG 'Brainforest', la ''construction d'un barrage sur ces chutes provoquera de graves inondations dans le Parc national de l'Ivindo''. Mais, la tension est brusquement montée en septembre à Libreville, la capitale gabonaise, lorsque Georgette Koko, vice-Premier ministre chargée de l'Environnement, a ordonné aux Chinois d'arrêter les travaux de construction d'une route menant vers les chutes de Kongou. Elle aurait agi seule, sans se référer au Premier ministre ni au ministre des Mines, selon des analystes. Elle avait travaillé comme environnementaliste pendant de longues années au ministère de l'Economie forestière avant d'entrer au gouvernement. Pour le gouvernement, la prise de position des ONG est un sabotage du projet orchestré par des multinationales par l'intermédiaire des ONG écologistes locales et certaines personnalités du régime dont les noms n'ont pas été cités. La riposte du président gabonais Omar Bongo Ondimba a été virulente : "Quoi qu'il en soit, quoi qu'il arrive, quoi qu'on en dise, Bélinga se fera!". Le chef de l'Etat gabonais, dans une déclaration solennelle, a mis en garde les ONG et les puissances internationales qui ''rêvent de faire du Gabon un simple site de protection d'animaux au détriment de son développement''. Selon des analystes, la réaction vive du président Bongo Ondimba viserait à faire taire les ONG locales et internationales. Mais dans le fond, estiment les analystes, personne au Gabon ne s'oppose au projet. La contradiction vient plutôt des soucis de protection de la nature, et les ONG exigent des études d'impact environnemental avant le lancement des travaux. Elles contestent notamment le choix des chutes de Kongou pour réaliser le futur barrage hydroélectrique. "Le Gabon veut toujours quelque chose et son contraire", affirme à IPS, Ona de 'Brainforest', qui est également le coordonnateur de la Coalition publiez ce que vous payez, très engagée dans les questions environnementales. En 2002, en effet, le Gabon avait décidé de dédier 10 pour cent de son territoire à la protection de l'environnement. Le président Bongo Ondimba avait, dans la foulée, créé 13 parcs nationaux dont celui de l'Ivindo qui renferme les chutes de Kongou. "Pourquoi construire aujourd'hui un barrage sur ces plus belles chutes d'Afrique centrale?", s'interroge Ona. "Les travaux obligeront une déclassification du parc", estime, pour sa part, Nicaise Moulombi, président de l'ONG Croissance saine environnement. "C'est une évidence", rétorque Hilaire Adihenot, secrétaire permanent des parcs nationaux, rappelant toutefois que la loi gabonaise autorise une telle opération à condition de classer une autre zone dans les mêmes proportions. Philippe Sounguet, responsable de l'ONG Aventure sans frontière, déclare qu'il craint le pire pour les 13 parcs nationaux du Gabon. "Cette déclassification pour des intérêts économiques pourrait frapper tous les parcs nationaux du pays", s'inquiète-t-il. L'unique parc national maritime du pays, très fréquenté par les baleines et les tortues marines, est gravement menacé par un permis de recherches de pétrole accordé au pétrolier chinois Sinopec, souligne-t-il. S'estimant harcelées et présentées à la population gabonaise comme les ennemis du projet Bélinga ou les suppôts des multinationales opposées à ce projet, les ONG écologistes gabonaises suggèrent la construction du barrage hydroélectrique sur les chutes de Tsengué-Lélédi au sud de Bélinga. Ces chutes présentent l'avantage d'être situées hors du Parc de l'Ivindo. Une étude remontant aux années 1960, réalisée par Electricité de France, avait déjà retenu ce site. "Le plus important handicap de ce site, c'est d'être situé à plus de 200 km de Bélinga", réplique le ministre des Mines, très attaché à ce projet. Selon Onouviet, il faudra environ 1,2 milliard de dollars pour construire un barrage sur ce site (Tsengué-Lélédi) et prévoir près de 435 millions de dollars pour l'acheminement de l'électricité vers la mine de fer de Bélinga. Pour lui, la construction du barrage sur Kongou coûtera seulement quelque 754 millions de dollars. De leur côté, les Chinois, qui apportent tout le financement nécessaire pour réaliser le projet, gardent le silence, mais ils seraient très intéressés par le choix des chutes de Kongou. Aucune décision définitive n'a encore été prise par le gouvernement gabonais. Mais en attendant, le pouvoir agite la rue, et les marches de soutien au projet Bélinga se sont multipliées dans tout le pays sous le slogan "Bélinga se fera". Reçus en audience par le président Bongo Ondimba qui a placé Bélinga au centre de son septennat entamé en janvier 2006, les responsables des ONG ont accepté d'apporter leurs contributions dans le cadre d'une commission mise en place, mais ils refusent de ranger leur langue dans la poche.
©FIN/2007

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